Slah Bouaziz : le lutteur devenu photographe

Slah Bouaziz : le lutteur devenu photographe
Le moins que l'on puisse écrire au sujet de la vie de cet artiste, c'est qu'elle aura été mouvementée. Dès l'âge de 7 ans, son existence est centrée sur le sport, en particulier sur les arts martiaux. Il devient ceinture noire 1er dan de karaté à 16 ans, un an après avoir commencé la lutte gréco-romaine. Car c'est vers les tapis de lutte qu'il se tourne ensuite, s'entraînant notamment avec la célèbre famille Yalouz. Mais une grave chute mettra un terme à sa carrière. Pendant les années qui suivront, l'essentiel sera de suivre une dure rééducation. Puis, profitant des talents de sa famille parisienne, Slah se lance dans le monde de la mode. Et cette fois, c'est l'Histoire, la grande, qui va s'interposer entre le photographe et ses ambitions. La plupart de ses acheteurs sont originaires du Koweit, et mettent fin à leur collaboration pendant la première Guerre du Golfe.
Sa passion pour la photographie finit par reprendre le dessus. Passion qui est présente déjà depuis des années : "J'avais quinze ans quand j'ai vendu ma mobylette pour acheter mon premier appareil !". C'est au club de photographie de la place Jean-Moulin de Planoise qu'il a acquis ses premières bases, surtout en ce qui concerne l'art du développement.
Slah a ensuite suivi 3 mois d'école de photographie. Mais ses premiers maîtres dans cet art ont été les appareils eux-mêmes : "C'est grâce aux appareils manuels que j'ai appris la vitesse et la lumière". En s'appropriant la vitesse, la lumière et le développement, Slah se met à "comprendre la sensation du noir et blanc". Son amour pour la recherche artistique le pousse ensuite à utiliser la couleur, et à tester tous les genres photographiques.

REPORTAGES. Après un premier reportage en 1993 sur la ville de Prague, il s'envole en 1995 pour le continent américain (Etats-Unis, Cuba), puis l'Asie avec la Thaïlande et la Malaisie. En complément de ces reportages, il exécute des photos sur commande, surtout des photos de mode : "Je voulais me spécialiser dans un domaine, mais j'aimais tout ; donc je suis multifonctions". Avec néanmoins une préférence pour le reportage. Car le reportage offre une liberté exceptionnelle : "Ça se joue entre moi et mon appareil".
Cette fois, ce sont ses photos de Madagascar qu'il souhaite présenter. Des images de la vie des hommes dans la nature, clichés émouvants et dépaysants. Et voilà les outils que Slah a utilisés pour les réussir : "Pour faire une bonne photo, il faut avoir l'oeil du photographe et la chance du photographe… mais il ne faut pas rater sa chance, et ne jamais paniquer", même quand la technique fait défaut ! Cécile MARÉCHAL

Chargement de la photo ... © Photo'Slah : photographe